Donation Jean Pierre & Marie Odile Evrard Retour

Donation Jean Pierre & Marie Odile Evrard

2017

Photographie: heurtoir de la porte de la mosquée Sidi Abou Médine, Tlemcen.
Papier albuminé, circa 1860


Une série de tirages albuminés pris par Joseph Augustin Pedra (1806-1879), à Tlemcen. Cette donation complète les archives Pedra de la Maison de la Photographie. Le sultan mérinide Abou Fares construisit la mosquée El Halaoui à Tlemcen. Les travaux de Pedra illustrent le vaste domaine d’influence artistique marocain.
Ce photographe, peintre en bâtiment, ouvrit un studio à Tlemcen en 1857, où il rencontra Gustave de Beaucorps en 1859 [1]. Nous joignons ici une rare photographie prise à Tlemcen par Beaucorps (détail de la porte de la mosquée de Bou Médine, papier albuminé, 1859)
Omar Benachenhou, se référant au récit de voyage de l’Anglais Knox, livre à son sujet une anecdote émouvante.
Alexander A. Knox voyageur londonien en visite à Tlemcen (après 1879) nous a laissé sa rencontre avec la femme de Pedra: "...Nous avions demandé à l'hôtel pour aller à une rue près de la grande place, c'était, si je me souviens bien, appelée "la ruelle Sidi Yeddoune», pour obtenir des photographies de Tlemcen. Nous avons frappé à une porte où il y avait quelques photos dans une armoire de verre contre le mur. Une vieille femme nous a ouvert la porte: "Ah, mon cher monsieur, ce pauvre Pedra est mort; je suis sa veuve" [2]. Ça nous attristé de l'entendre, et nous étions sur le point de partir lorsque la vieille dame nous a supplié d'entrer en disant que la présence des voyageurs est une bénédiction pour elle et que c'était un acte de charité qu'une personne achète ses photographies. Nous avions sélectionné certaines photos, et nous avions demandé s'il y avait d'autres, elle nous a dit qu'elle va préparer d'autres à partir des négatifs: "Je peux facilement le faire, je suis bricoleuse comme mon fils "Ah! mon pauvre fils! » dit-elle, et elle fondit en larmes. Nous avions essayé avec quelques mots de l'apaiser et de la consoler puis nous lui avions demandé si elle pouvait nous raconter son histoire peut être que ceci soulagerai sa douleur: "Ah!, l'autre jour mon pauvre fils s'est fusillé, il est tombé raide mort-là sur cette dalle encore entachée de son sang....Le garçon avait du sang espagnol dans ses veines du côté de son père alors que la mère était une française.'' [3].
[1] : Gustave de Beaucorps, photographe (1825 – 1906) Calotypes, « L’appel de l’Orient », 1858 – 1861. Thauré, Rérolle, Lebrun, Musées de Saintes et de Poitiers, 1992.
[2] : sans doute Juliana Ruth.
[3] : Il s’agit sans doute de Grégoire Antoine Pedra.