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Berbère

Qui sont les Berbères ? Les premiers habitants du Maroc, bien sûr. Mais aussi un ensemble de peuples répartis sur une très grande zone géographique, du Yémen à la Kabylie, du Rif à l’Atlas, des Touaregs du Sud aux grandes métropoles européennes! Le mot fascine. Il est vrai que l’histoire des Berbères, leur culture, leurs musiques, leurs danses, leurs architectures de terre, leurs sociétés, sont complexes et riches. La Maison de la Photographie possède un fonds important sur le sujet, exposé à l’écomusée berbère de Tafza, vallée de l’Ourika, proche de Marrakech.

SOMMAIRE:

1) L' Ecomusée Berbère de l' Ourika
2) Le Musée Berbère de Marrakech
3) Musée du Haut Atlas occidental: à Tahannaout (En construction, 2016)
4) Le fonds Berbère de la Maison de la Photographie
5) Daniel Chicault, " Paysages et visages du Haut Atlas ". Documentaires de 1957. Catalogue.
6) " Majorelle et le Haut Atlas ", exposition Ecomusée Berbère, 2013
7) Gouvion " Livre des Grands du Maroc "
8) Charles de Foucauld: " Reconnaissance au Maroc ".

1) L' Ecomusée Berbère de l' Ourika créé en 2007. Site
2) Le Musée Berbère de Marrakech créé par la fondation Yves Saint Laurent à Marrakech.
3) Musée du Haut Atlas occidental: à Tahnaoute (En construction, 2016)
4) Le fonds Berbère de la Maison de la Photographie: Voir archives Maison de la Photographie du Marrakech.
5) Daniel Chicault, " Paysages et visages du Haut Atlas ". Documentaires de 1957. Catalogue. Voir lexique: Daniel Chicault
6) " Majorelle et le Haut Atlas ", exposition Ecomusée Berbère, 2013.
7) Gouvion "Livre des Grands du Maroc"
" Aussi est-ce après avoir parcouru toute la série de monument de la géographie ancienne, y compris le précisions de Strabon, que nous nous élevons de nouveau contre le l'abus du terme berbère pris en tant que peuple, nation ou race et surtout langue. Où place t-on la "Berbérie" et où est-il trace d'un peuple..."berbérien" ?
Au point d'une historique, ce n'est guère qu'en suite de la domination romaine que nous relevons, chez les premiers auteurs arabes, l'appellation berbère, appliquée indistinctement à tous les indigènes africains. On sait un effet, que les romains désignaient par le qualificatif "barbarus" tout ce qui n'était ni grec ni romain, ce qui fit dire au poète:
" Ce peuple ( romain ) qui donnait, par mépris bizarre,
" A tout peuple étranger le titre de "barbare"..."
Telle est, également, l'assertion de M. de Saint-Martin qui avait très bien compris que les "berbères" des Arabes n'étaient autres que les "barbari" des Romains; et, s'il faut en croire Hérodote ( L. II, 58 ) les anciens Égyptiens donnaient le nom de "barbaroï" à tous ceux qui n parlaient pas leur langue.
Il est possible qu les envahisseurs musulmans, en présence d peuplades, aux idiomes aussi divers qu’incompréhensibles, et usant du terme défini ^pour la définition, leur aient appliqué le générique "berber", dérivé du verbe quadrilittère onomatopique "barabara", qui signifie émettre d’inintelligibles phonèmes.
De toute façon le terme est impropre aux "moghrebins", nous avons pu nous en convaincre dès notre venue au Maroc, où nous en remarquâmes l'abus intempestif qu'en faisaient les chefs français, bien qu'ils ne fût jamais employé par les indigènes qui, eux, ne se désignent que par le nom de leur tribu, celui de leur région ou encore par celui d'une secte. Ainsi un "goundafi" est un contribule des Goundafa; un "rhorbi" est un indigène du Rhorb; un "chaouï" celui de la Chaouïa; un "marrakchi" est un citadin de Marrakech; et, un "aïssaouï" est un adepte de la confrérie des Aïssaoua.
C'est que chaque tribu eut son autonomie nettement établie et la défendit jalousement avant et même longtemps après la constitution organique des royaumes et empires nord-africains. On se trouvait là en de petits états compris dans un vaste territoire et non pas dans un territoire propre à un seul Etat. Il n' y avait donc ni Nation ni Etat "berbères".
Nous ne sommes pas d'ailleurs les seuls à avoir relevé cet usage inconsidéré du terme "berbère": Le Vicomte Charles de Foucauld, dans sa magistrale "Reconnaissance au Maroc" - une vraie "Karamat" - le notait aussi. (Voir article Charles de Foucauld). In Gouvion, Introduction, II & III.

8) Charles de Foucauld: "Reconnaissance au Maroc":
"Les expressions de "Qbaïl", "Chellaha", "Harathine", Beraber sont autant de mots employés par les Arabes pour désigner une race unique dont le nom national, le seul que se donnent ses membres, est celui d' "Amazirh" ( jém. "Tamaziht", pl. "imazirhéne"). Au Maroc les arabes appellent "Qbaîl" les Imazirhéne de la partie septentrionale, ceux qui habitent au Nord du parallèle de Fez; Ils donnent le nom de "Chellaha" à tous les "Imazirhènes" blanc résident au Sud de cette ligne, celui de "Harathine" aux noirs - les "Leucaethiopes" des anciens - ; enfin celui de "Beraber" est exclusivement réservé à la puissante tribu "tamazirht", dont il est proprement le nom. M. le Colonel Carette ne s'était pas trompé en disant que le mot de Beraber appliqué par les généalogistes arabes à toute la race "Tamazirht" devait être celui de quelqu' importante tribu; tribu dont on avait par erreur étendu le nom à toutes les autres..."
(Cela n'empêche pas l'éminent auteur d'employer, à l'occasion - et pour la facilité de l'étude - comme nous le faisons d'ailleurs nous-même, le terme "berbère"". In Gouvion, "Reconnaissance au Maroc".

Illustration: Jacques Belin, tirage argentique, circa 1940.
Mots clés: Belin, Berbère.