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    Septembre 2018

    Nicolàs Muller, la fête de Mouloud, Tanger 1942

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Aghmat

1 – Histoire :
2 – Fouilles archéologiques :

1 - Histoire :
« Comme il y eut deux Tahert et deux Fès, il y eut deux Agmat ; celle de la plaine et celle de la montagne. Doutté a facilement retrouvé le site de la première, Agmat-Urika, du nom de la tribu qui l’entourait alors. En 1901, le site était toujours plein de vie. Les eaux claires bondissaient dans un lit de verdure et couvert d’ombrages épais et on y retrouvait nettement quelques vestiges de la prospérité de l’ancienne capitale du Haouz. Des dénivellations du sol montraient qu’il y avait eu là une agglomération importante, mais les ruines apparentes se réduisaient à peu de choses. Doutté n’a pas trouvé un seul morceau de marbre dans les traces d’enceintes qu’il a repérées autour de l’endroit exactement appelé Agmat.
Agmat-Urika était donc située en plaine le long de l’oued du même nom, au nord de la localité actuelle de Dar-el-Ouriki qui commande l’entrée des gorges de la rivière. L’opulente cité du Moyen-Age n’a laissé son nom qu’à un marché qui se tient tous les vendredis.
Quant à la vile de la montagne… Doutté l’identifie avec le village d’Igil-n-Aylan, au pied de la vieille forteresse almoravide du Tasgimut.
D’après Ibn Said, Aghmat serait l’oeuvre des Apôtres, alors que la célèbre tribu berbère des Hawwara en revendique la fondation ; mais elle n’entre dans l’histoire que lorsque Uqba assiège en 681-82 les Berbères chrétiens qui s’y trouvaient et s’en empare.
D’après le Bayan d’Ibn Idari, après Uqba, Musa b. Nusayr fut le premier gouverneur arabe (703-711) à pénétrer dans le Sud-Marocain et à rallier sans résistance, et définitivement, ses populations à l’Islam. C’est alors qu’il fit élever la mosquée d’Aghmat dont le minbar fut mis en place en 85/704 comme l’aurait indiqué l’inscription de son dossier.

On reparle d’Aghmat à la fin du Xe siècle quand un groupe de Zénètes… parvint à s’emparer d’une partie du Haouz et à constituer une principauté entre les Berghouata de la plaine atlantique et les Masmouda de la montagne. Ce petit royaume est le plus ancien état dont l’historie fasse mention dans ces régions, la capitale en fut Aghmat, l’« ancienne cour des Masmouda », comme dit Marmol, et ses petits dynastes dureront jusqu’aux Almoravides. On sait déjà que le dernier d’entre eux, Lagut b. Yusuf b. Ali, qui avait pour femme la belle, l’habile et la célèbre Zaynab, fut tué par les troupes d’Abu Bakr ».

Nous ne savons rien des relations d’Aghmat avec la montagne, mais dans cette « histoire usée » comme le dit M.H.Terrasse, on ne saisit aucune trace d’hostilité des autochtones contre ces nouveaux venus. On peut même penser que leurs relations furent bonnes…Un détail éclaire les relations entre pays plat et piémont, la belle Zaynab avant d’être l’épouse du malheureux Lagut avait été la concubine d’un chef de la montagne ».
In Gaston Deverdun ; « Marrakech des origines à 1912 ». Réédité par Editions Frontispice, Casablanca.

Notes:
- Mausolée de Moatamid : prince arabe de Grenade (1039-1095) prisonnier de Yousef ben Tachfine, ce prince poète mourut à Ghmat en 1095. Le mausolée est orné de poèmes et non de sourates.
- La cité a sans doute été créée par Moussa ben Noceir, vers 705, dans sa conquête du Maghreb el Aqsa. La légende donne des origines chrétiennes antérieures, avec les Haouwara, avant d’être conquise en 681 par Oqba ibn Nafi. Aghmat dépendait du royaume idrisside de Fès au IXe siècle.
- Zaïneb, femme d’un prince zénète, fut épousée par un conquérant Almoravide, Aboubaker al Nefzaouiya, en 1058, puis par son cousin Youssef ben Tachfin.
- Ibn Toumert, le Madhi des Almohades, trouva refuge à Ghmat en 1146.

2 – Fouilles archéologiques :
En cours.

Illustration: E. Michel, Marrakech, série numérotée, Maroc - Marrakech - Porte
Mos clés: Michel, porte, Aghmat